La question qui revient aux repas de famille

Elle arrive au dessert, entre le café et les photos. « Et l’amour, ça vient ? » La personne qui la pose ne cherche pas à blesser. Elle cherche une nouvelle, et c’est la seule case qu’elle sait remplir.

Vous pouvez y répondre en une phrase. « Je vais bien, et je ne cherche pas. » Le point arrive tôt, et la table passe à autre chose. Ce qui pèse dans ces repas, ce n’est pas la question : c’est la demi-heure d’explications qu’on croit devoir donner après.

Ce que la question suppose

Elle suppose qu’un célibat est un intervalle — un temps entre deux histoires, qui vaudrait par celle qui vient. Votre célibat est une étape. Pleine.

Une réponse, pas une défense

Une réponse courte tient parce qu’elle affirme. Elle ne liste pas les raisons, elle ne promet rien pour l’an prochain, et elle ne demande pas l’accord de la table. « Je vais bien, et je ne cherche pas » — plutôt que « je n’ai pas encore trouvé », qui range votre vie dans un futur qui n’existe pas encore.

Aux soirées, cette question ne se pose pas. C’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire.

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